interventions chirurgicales

changement de prothèse de hanche: les complications

Les complications précoces

Toute opération comporte des risques et les maladies associées majorent ces risques. Le travail de l’équipe chirurgicale est de prévenir ces complications, dans la mesure du possible.

L'anémie est fréquente car la perte sanguine lors d’un changement de prothèse est supérieure d’un tiers à une première prothèse.

L'hématome est inévitable dès lors que l’os est sectionné (les globules rouges sont fabriqués dans les os). Le plus souvent l’hématome se résorbe spontanément. Une ecchymose (coloration bleu de la peau sans collection) ne doit pas être confondue avec un hématome.

L'infection aigue est rare. La contamination se fait par la peau ce qui justifie les précautions entourant cette chirurgie : atmosphère stérile, préparation maniaque du site chirurgical en unité de soin et au bloc opératoire, administration préventive d’antibiotiques.

La phlébite (caillot dans une veine) est prévenue par un traitement systématique à base d’anticoagulants, par le lever précoce et par le port de bas de contention. Toutefois, sa survenue possible et sa gravité potentielle (embolie pulmonaire) doivent inciter l’équipe chirurgicale à en dépister les signes et au moindre doute faire réaliser un examen doppler du mollet.

Une fracture osseuse lors de l’impaction des implants n’est souvent dépistée que secondairement. Cet évènement fâcheux justifie les radiographies post opératoires immédiates, puis répétées.

La luxation de PTH (déboîtage) peut survenir pendant les 2 premiers mois après l’intervention. Sa prévention justifie le choixdes cotyle à double mobilité et une éducation par les kinésithérapeutes de tous les patients opérés afin d’éviter les principaux gestes luxants.

Hématome, infection, fracture et luxation peuvent nécessiter une ré intervention en urgence.

Les complications tardives

L'usure et ses conséquences sont des phénomènes inéluctables au-delà de 20 à 25 ans d’implantation. Indolore, car les métaux et plastiques ne contiennent pas de nerfs, l’usure justifie la surveillance radiologique régulière des prothèses. L’usure peut conduire à une ré intervention.

Le descellement, c'est-à-dire la rupture des moyens d’union entre os et implants, qu’ils soient cimentés ou non, conduit à la réapparition de douleurs et à une ré intervention probable. La fatigue du ciment (pour les prothèses cimentées) ou de l’os pour les prothèses sans ciment , ainsi que la nocivité des débris d’usure peuvent être à l’origine du phénomène. Le diagnostic de descellement repose sur la radiologie, la scintigraphie et le scanner. Sa survenue peut être rapide et on parle alors de non fixation primitive. Elle est plus fréquemment envisageable tardivement et souvent associée à l’usure.

L'infection tardive survient le plus souvent par voie sanguine à partir d’un foyer infectieux distant (dents, urine, poumon,…), soulignant au passage l’intérêt d’une évaluation pré-opératoire de ces sites (analyses d’urine et de sang), et plus tard d’une hygiène de vie irréprochable pour le porteur de prothèse articulaire. L’infection conduit le plus souvent à un descellement et à une ré intervention.

La rupture d’implant, en particulier du composant fémoral métallique ou d’une tête en céramique, est un évènement rare et fâcheux qui conduit à une ré intervention souvent difficile et urgente.

Le rejet: le terme “rejet” est un terme impropre qui caractérise plutôt l’échec d’une greffe. Les matériaux industriels entrant dans la composition des prothèses de hanche sont bio-compatibles et les phénomènes d’allergie sont extrêmement rares. En revanche les débris d’usure sont toxiques et peuvent entraîner des phénomènes inflammatoires douloureux (granulome, ostéolyse, descellement). Enfin, une infection de la zone prothésée peut prendre l’allure d’un rejet. .